Communiqué de presse : "Les Jeux Olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises sont-ils faits ?"
Publié le : 18 septembre 2025 à 19h10

La question se pose bel et bien et la réponse que nous avons donnée nous, Collectif Citoyen JOP 2030 accompagné de Pierre Janot conseiller régional Auvergne Rhône Alpes et d’Éric Adamkiewicz, maître de conférences en économie du sport lors de notre audition devant l’Assemblée Nationale le 16 septembre 2025 à l’initiative des député(e)s Jean-François Coulomme et Elisa Martin dans le cadre du travail sur le projet de loi olympique, démontre que rien n’est moins sûr.
Le projet de loi olympique, annoncé comme « indispensable pour organiser les jeux » n’est en vérité que le résultat d’un continuum de décisions volontaires. Ainsi les décisions de candidater d’abord pour les éditions 2034 ou 2038 des jeux, puis d’accepter la décision du CIO de porter la candidature pour les jeux 2030 et enfin, le choix délibéré, au cours du dialogue ciblé de novembre 2023 à juillet 2024 et alors que la France était seule en lice, de se soumettre à l’intégralité des exigences du CIO ont engagé la France dans un processus précipité. Les délais très restreints induits engendrant de lourdes conséquences, et construisant de manière fallacieuse un récit selon lequel « il n’y aurait pas d’alternative », avec le Sénat et l’Assemblée nationale comme simples chambres d’enregistrement.
Ce projet, totalement opaque et qui est présenté comme Monsieur Muselier comme avançant « comme des crabes [1] » va de travers et passe au travers de toutes les obligations, lois et normes. La première est constituée par l’absence totale de mesure d’information et de participation du public, dès le début du projet de candidature, tant que des alternatives sont possibles. Pourtant rendue obligatoire par notre charte de l’environnement et la convention d’Aarhus, cette absence de mesure et d’informations du public supprime ainsi toute possibilité de débattre et de démontrer le caractère d’intérêt général de ce projet. Nous avons par ailleurs saisi différentes juridictions [2] sur la base de cette irrégularité.
A l’heure où les député(e)s doivent examiner le projet de loi olympique dans le cadre d’une procédure accélérée, le contexte politique, financier, budgétaire et social est-il vraiment propice à aller dépenser 3,5 à 4 milliards € d’argent public pour des jeux olympiques d’hiver alors que la neige se fait de plus en plus rare ?
Il est encore temps, d’auditionner et d’écouter l’Inspection Générale des Finances qui a rendu 4 rapports démontrant l’explosion des coûts d’argent public de ce projet. Il est encore temps d’écouter les scientifiques, le CESE, l’Autorité Environnementale et surtout les citoyens(nes).
Car non, les jeux ne sont pas faits, on peut encore sortir la tête haute et dire « on s’est trompé ». Car sans le versement de la contribution du CIO au budget du COJOP, sans emprunts déjà souscrits par les régions AuRA et PACA, les deux premières garanties financières votées dans le budget 2025 à hauteur de 570 millions € n’auront pas à être actionnées. Il est évident qu’arrêter ce projet maintenant coûtera toujours moins cher que de payer les jeux.
Nous en appelons donc aux porteurs du projet afin qu’ils redonnent aux citoyens(nes), aux député(e)s et aux élu(e)s régionaux et locaux le pouvoir décisionnel qui devrait être le leur.
Accueillir les JOP 2030 ne devrait pas être une décision imposée aux conséquences environnementales, sociales et financières catastrophiques, mais le résultat d’un processus démocratique, transparent et de décisions éclairées.
Ces conditions n’étant pas réunies pour 2030, arrêtons tout dès maintenant ! Et a minima, exigeons le report pour permettre la tenue d’un vrai débat démocratique dans le respect des institutions et du droit.
Pour télécharger le communiqué de presse au format PDF, cliquez ici
[1] Article du Dauphiné Libéré du 17 septembre 2025
[2] Saisine du Comité d’Aarhus en avril 2025, saisine du Tribunal Administratif de Lyon en demande de suspension du contrat olympique en mai 2025 et saisine des Tribunaux Administratifs de Paris, Lyon et Marseille le 15 septembre 2025 pour demander que la mesure d’information et de participation du public soit ordonnée
