Lettre ouverte à Amélie Oudéa-Castéra après son interview du 30 août 2025

Publié le : 1 septembre 2025 à 14h09

30-08-2025 - Le Dauphiné Libéré - Interview d'Amélie Oudéa-Castéra, ancienne ministre et actuelle présidente du Comité nationale olympique et sportif français (CNOSF)

Le 30 août 2025, à l’occasion du dernier jour du championnat du monde de vol en planeur qui se tenait à Château-Arnoux-Saint-Auban, Amélie Oudéa-Castéra a rendu visite aux concurrents et représentants de la fédération. L’occasion pour l’ancienne ministre et actuelle présidente du Comité nationale olympique et sportif français (CNOSF) de découvrir la discipline, mais aussi de parler des Jeux olympiques 2030.

Le Dauphiné Libéré l'a interviewée sur la raison de sa venue dans les Alpes-de-Haute-Provence mais également sur le projet JOP Alpes françaises 2030.

Cliquez sur ce lien pour lire cet article : https://www.ledauphine.com/jeux-olympiques/2025/08/30/amelie-oudea-castera-pour-les-jo-2030-il-faut-que-les-gens-se-sentent-ecoutes-localement-yyop

 

Plusieurs points de cette interview nous ont interpellés, c'est pourquoi nous lui avons écrit cette lettre ouverte : 

Madame,

Nous sommes le Collectif Citoyen JOP 2030, constitué de citoyen.nes, juriste, avocat, élu et travaillons depuis deux ans à décrypter et analyser les enjeux environnementaux, financiers mais surtout juridiques du projet d’accueil des jeux olympique et paralympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises.

Nous avons lu avec beaucoup d’intérêt vos propos recueillis par le Dauphiné Libéré à l’occasion de votre venue sur le championnat du monde de planneur dans le 04.

Vos déclarations nous interpellent et laissent planer un doute sur votre compréhension de certains enjeux du projet JOP 2030.

Ainsi lorsque vous avancez que « il faut que les gens se sentent écoutés localement, que leurs avis soient pris en compte » et « je pense que les français sont vraiment au soutien du projet Alpes françaises 2030 », il nous paraît étonnant que vous puissiez faire de telles déclarations alors même que le projet a été construit et se déroule entièrement sans recourir à une mesure d’information et de participation de la population tant que des alternatives, y compris de renoncer au projet sont possibles, mesure obligatoire selon notre charte de l’environnement et la convention d’Aarhus, qui constituent les plus hautes normes de notre droit.

Ce qui rend de fait ce projet illégal et même illégitime, puisqu’il n’est pas fondé en droit du fait de la soumission aux exigences du CIO, association de droit suisse, au détriment du respect de notre cadre légal et réglementaire.

Mettre en œuvre cette mesure d’information et de participation du public, que nous citoyen.nes, élu.es et organisations de la société civile n’avons eu de cesse de réclamer depuis 2 ans, vous permettrait de découvrir s’il y a une réelle adhésion de la population, et donc de recueillir « l’expérience habitant.es et contribuables ».

Car ces JOP 2030 vont être très coûteux en termes d’argent public, avec une participation record de plus de 23% au budget du COJOP, et des coûts de réalisation d’infrastructure et surtout de mobilisation des services de l’Etat que nous sommes bien en peine d’évaluer du fait de l’absence de plan pour les jeux.

Nous vous rappelons que selon la récente note d’étape de la Cour des Comptes, les JOP Paris 2024 ont coûté la bagatelle de 6 milliards € d’argent public dont 2,1 milliards au titre de la mobilisation des services de l’Etat, services publics aujourd’hui déjà exsangues et qui vont devoir, de même que les collectivités territoriales absorber des coupes budgétaires très conséquentes au titre du budget 2026.

Avec des jeux paralympiques qui seront isolés sur un seul site, avec la spéculation immobilière inhérente aux projets olympiques et avec l’argent public dilapidé (20 millions € sont prévus dans le budget JOP 2030 rien que pour les uniformes des employés du COJOP), soyez assurée, madame que ce projet contribuera fortement à la fracture sociale de la France. Pour information, 17,1% de la population de PACA vit sous le seuil de pauvreté selon le rapport de la chambre régionale des comptes PACA de février 2024 et le revenu mensuel moyen des ménages haut-alpins s’élève à 2100 €, soit près de 4.5 fois moins que votre rémunération à la tête du CNOSF.

Nous serions bien sûr enchantés de pouvoir nous entretenir plus avant avec vous,
 
Bien cordialement.
Le Collectif Citoyen JOP 2030

 

Retour

Écrire un message
* informations obligatoires
(ne sera pas publié)