Conférence de presse du 16/05/2025 devant le siège du COJOP à Lyon

Publié le : 17 mai 2025 à 19h52

Conférence de presse du 16-05-2025 au siège du COJOP 2030, à Lyon, sur le parvis du Groupama Stadium

Le vendredi 16/05/2025, le Collectif Citoyen JOP 2030 a organisé une déambulation à vélo sur les pistes cyclables de Lyon, afin de rallier l’Hôtel de Région AURA et le siège du COJOP au Groupama Stadium, afin d'y déposer les signatures de notre péti-motion, qui demande aux différents porteurs du projet de se conformer au droit français qui n'est pas respecté.

Nous avons été rejoints par 2 élus :

A l'hôtel de Région, nous avons été rejoints par Pascale BONNIEL-CHALIER, conseillère régionale AURA, groupe Les Ecologistes, membre d'EELV.

Au siège du COJOP 2030, nous avons été rejoints par Pierre JANOT, conseiller régional AURA, groupe Les Ecologistes, sans étiquette.

 

 

 

Ci-dessous, visionnez la conférence de presse que nous avons donnée au siège du COJOP 2030, ainsi que celle de Pierre JANOT.

Conférence de presse du Collectif Citoyen JOP 2030, par Delphine Larat, juriste et porte-parole du Collectif.

Retranscription du discours de Delphine LARAT :
 
Il y a quelques semaines la sénatrice Mathilde OLLIVIER1 et les sénateurs Thomas DOSSUS et Guillaume GONTARD organisaient un colloque intitulé : « JOP 2030, le choix du déni ? »
 
A ce questionnement, nous pouvons apporter une réponse sans ambages :
 
  • OUI, la candidature pour les JOP 2030 dans les Alpes françaises, OUI le projet JOP 2030 constituent un déni de démocratie majeur, le fait qu’une candidature pour accueillir les Jeux d’hiver 2030 soit portée par quelques personnalités plus soucieuses de leur visibilité et aura politique que des citoyennes et citoyens dont ils devraient honorer le mandat et ce, sans qu'aucune concertation envers les populations des territoires concernés ait été menée ;
 
  • OUI, c’est un déni démocratique majeur quand une candidature est seule sélectionnée par le CIO qui a écarté les dossiers solides de la Suisse et de la Suède, pays qui entendaient tous deux soumettre leur projet à l’acceptation de leurs populations ;
 
  • OUI, c’est un déni démocratique majeur quand la loi du CIO prévaut sur les conventions et droits internationaux que nous avons ratifiés et transcrits dans notre droit interne.
 
Nous sommes en droit de poser la question : la démocratie est-elle ainsi respectée quand notre charte de l’environnement qui fait partie de notre constitution, quand la convention d’Aarhus, textes qui tous deux créent l’OBLIGATION impérieuse d’informer et de consulter la population pour tout projet ayant un impact sur l’environnement, ont été largement ignorés et bafoués depuis le début de la candidature jusqu’à la signature du contrat olympique par le CIO ?
 
Dans sa note du 29 novembre 20242, l’Autorité Environnementale a précisé que le dossier JOP 2030 "doit être considéré comme un projet au sens du droit de l’environnement", et qu’en tant que tel il doit OBLIGATOIREMENT faire l’objet d’une procédure de consultation TANT QUE TOUTES LES OPTIONS sont encore ouvertes, c’est-à-dire quand l’abandon d’un tel projet peut encore être envisagé.
 
Cette procédure de consultation a-t-elle eu lieu ? NON !
 
Malgré les sollicitations de différents parlementaires3, d’ONG de défense de l’environnement4, la CNDP, Commission Nationale du Débat Public, n’a jamais été saisie de ce dossier.
 
Interrogé par courrier à plusieurs reprises par la CNDP, le Comité National Olympique et Sportif Français n’a jamais, jamais, jamais obtempéré à son obligation de la saisir.
 
Ce refus ne fait qu’ajouter à l’opacité et au déni démocratique qui caractérisent ce projet. Pendant qu’est ignoré délibérément le processus d’information et de consultation du public, pendant que les budgets de l’Etat sont amputés de dizaines de milliards d’euros au détriment du sport et de l’environnement, le CIO, Comité International Olympique, association de droit suisse à but non lucratif, obtient de l’Etat français des garanties financières déjà votées à hauteur de 570 millions d’euros, outre la garantie déplafonnée du futur déficit du COJOP, Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques.
 
Pendant qu’est ignoré délibérément le processus d’information et de consultation du public, le CIO, dont le contrat hôte olympique signé très laborieusement, obtient de l’Etat français la mise à disposition à titre gratuit de services publics exsangues.
 
Quel donc est le sens de tout cela ? Où se trouve l’intérêt général quand on prévoit de dépenser 462 millions d’euros pour l’organisation des Jeux, outre le budget pour les ouvrages, quand on taille à grand coups de serpe dans les budgets des services publics et des collectivités locales, dans les territoires mêmes qui vont être impactés par les JO ?
 
Quel est le porteur du projet, quel est l’élu qui pourrait défendre qu’il est responsable de financer des Jeux sur la base d’un modèle économique en fin de vie dans des territoires d’une vulnérabilité extrême aux changements climatiques, quand les financements publics nécessaires à la transition des territoires pour et par leurs habitantes et habitants sont insignifiants en regard de l’énormité des enjeux ?
 
Quel est le sens de continuer à foncer tête baissée dans un projet bâclé, qui repose sur des bases illégales, qui impose des dérégulations majeures qui contribuent à affaiblir nos libertés publiques, notre modèle de protection sociale et de protection de l’environnement, un projet qui profite à quelques privilégiés et qui sera financé par notre argent au détriment des services publics et au public ?
 
Il est temps de retrouver le bon sens, et il est surtout temps de renoncer à ce projet délétère.
Messieurs les porteurs du projet, vous pouvez encore sortir la tête haute de ce qui s’annonce comme un fiasco absolu.
Nous vous l’avons demandé à plusieurs reprises ainsi qu’au CIO. Nous n’avons pas été entendus.
 
Sources :
 
Pour télécharger la conférence de presse sous format PDF, cliquez ici
 
 
 

Conférence de presse de Pierre JANOT, conseiller régional AURA.

Retranscription du discours de Pierre JANOT :

On est dans un projet de JOP 2030 qui continue malencontreusement d'évoluer très péniblement puisque on a des déclarations, que ce soit notamment de GROSPIRON ou du Directeur Général qui sont très inquiétantes sur l'état actuel des Jeux Olympiques 2030.

On a des élus qui sont très inquiets sur le terrain parce que notamment les fonds de la SOLIDEO ne vont pas arriver, du moins pas dans un délai qui soit suffisant avec l'aménagement des équipements sportifs.

Et puis on a surtout un événement qui prend pas du tout parce que tout le monde se regarde en chiens de faïence, personne ne sait ce que font les uns les autres.

Par exemple, moi, je vais vous citer tout simplement les propos qui ont été tenus hier par Monsieur CHABERT dans le cadre de notre commission organique, où il a dit qu'il ne savait absolument pas ce que faisait le COJOP, qu'actuellement, il n'y avait aucune carte définitive sur les sites, que le plan olympique n'était toujours pas décidé.

On vous explique, dans le même temps qu'on maîtrisera budgétairement un événement qui pourrait d'ailleurs être très élargi puisque les caprices des Régions font que l'on va très certainement remettre dans le game Val d'Isère et peut être Isola 2000, ce qui va encore accroître un coût qu'on nous dit être maîtrisé.

Pour le reste, on va dire que plus les saisons passent... on a eu les statistiques de la fréquentation des stations des Alpes, qui ont été rendues aussi hier dans le cadre de la commission organique. On a une confirmation : c'est que d'abord, il y a eu un enneigement qui était erratique parce qu'il a été concentré sur le mois de décembre, et pour une fois, pour une fois, le mois de février n'a pas compensé les manquements du mois de décembre. Ça veut dire qu'on a eu un aléa climatique qui est encore plus fort cette année qu'il ne l'était les autres années. Le deuxième élément, c'est que ce sont les étrangers qui sauvent la saison, notamment les Anglais, ceux qui viennent par avion dans les grandes stations des prix prohibitifs de forfaits. Il y a même une baisse de fréquentation et une diminution de la fréquentation et de la pratique du ski chez les français.

Donc ça, ça confirme quoi ? Qu'il y a une gentrification des stations, que la pratique du ski n'est absolument pas démocratique, que trois, les JO vont financer massivement des stations qui sont déjà très ventripotentes et déjà percluses de subventions.

En conclusion, il n'y a aucun intérêt général dans le projet des Jeux Olympiques 2030.

Au contraire, on est en train de faire de ces JO, un événement qui va conforter le modèle du tout ski, le modèle industrialisé, le modèle d'enrichissement des grandes stations, qui sont notamment exploitées par la Compagnie des Alpes et la SATA (Société d'Aménagement Touristique de l'Alpe d'Huez - ndlr). Donc on confirme qu'en fait, très loin des Jeux Olympiques d'été, cet événement là va accroître les inégalités, va accroître le gap entre les français et le ski et va surtout contribuer à nous faire perdre du temps sur notamment les grandes transitions que tout le monde attend, notamment en moyenne montagne, parce que ces stations sont en péril.

Donc les JO 2030, c'est tout simplement une mise en danger des stations et surtout une non assistance à personne en danger. Et quand je dis ça, on parle bien évidemment de tous les artisans, les professionnels, les fonctionnaires qui travaillent dans les stations, qui essaient de faire vivre des bouts de montagne qui sont malheureusement aujourd'hui complètement délaissés et qui n'auront pas cet argent, qui n'auront pas ces 2 milliards ! Quand on parle de 2 milliards, ça sera même beaucoup plus.

Donc voilà aujourd'hui, on a un moment où comme le disait Delphine, il est grand temps de reconnaître ses erreurs : « Errare humanum est, et JOP 2030 diabolicum »

 

Pour télécharger la conférence de presse sous format PDF, cliquez ici

 

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